Le projet intitulé « Angle Mort » est un court-métrage de fiction réalisé dans le cadre du Projet Personnel et Professionnel de troisième année à l’Infocom Besançon pour l’année universitaire 2025-2026. Ce thriller psychologique adopte la forme d’un huis clos sensoriel où le récit suit la descente psychologique d’un protagoniste enfermé dans son appartement. L’intrigue s’articule autour d’un basculement narratif majeur : après avoir découvert l’avis de décès de son meilleur ami dans un journal, le personnage voit son environnement familier se dérégler progressivement à travers des anomalies temporelles et sensorielles.
L’objectif de cette réalisation est de traduire visuellement un état mental invisible, celui du coma ou d’un état de choc post-traumatique, en transformant l’espace domestique en une projection mentale. La progression dramatique mène à une révélation finale où le personnage comprend qu’il n’est pas un simple observateur du deuil, mais la victime même de l’accident, bloquée dans un souvenir traumatique figé qui l’emmène tout droit a la mort.
La démarche artistique est guidée par une problématique centrale cherchant à matérialiser un traumatisme psychologique et physique par l’utilisation d’anomalies sensorielles dans l’espace filmique. Dans ce dispositif, le Sound Design ne se contente pas d’habiller l’image mais devient le narrateur principal, utilisant la dissonance cognitive pour signaler la distorsion du réel en l’absence de dialogue. L’appartement est ainsi filmé comme un « non-lieu » transitionnel entre la vie et la mort, où chaque objet du quotidien, comme la tasse de café qui devient de l’eau, devient un indice narratif actif.
La faisabilité de cette production, menée intégralement seul en assumant les rôles de scénariste et de réalisateur, repose sur la transformation de contraintes techniques en une signature esthétique. Le choix du huit clos permet un contrôle total de l’environnement et de la lumière, tandis que le recours exclusif à des effets artisanaux et au maquillage traditionnel assure une réalité physique tangible à l’écran. Cette volonté d’authenticité se traduit par la mise en scène de stigmates corporels, comme la trace d’une ceinture de sécurité sur le torse, servant de preuve irréfutable du drame passé. La tension aboutit à une séquence finale construite sur un morphing audio, où le bruit des battements de coeur se transforme progressivement en un bip régulier d’électrocardiogramme, scellant la révélation du décès du protagoniste.